Méritocratie : et si ce modèle avait façonné notre fatigue, notre anxiété… et notre vision de nous-mêmes ?

Et si on nous avait menti sur la réussite ?

Depuis des générations, on nous répète :
👉 “On réussit si on se donne les moyens.”
👉 “Si tu veux, tu peux.”
👉 “On n’a rien sans rien.”

Ces phrases semblent motivantes.
Mais pour beaucoup d’enfants, d’adolescents et d’adultes, elles deviennent :
❌ une pression permanente et une source d’anxiété,
❌ une autocritique persistante,
❌ un sentiment d’échec dès qu’on ralentit.

Et si la méritocratie n’était pas seulement injuste, mais aussi psychologiquement destructrice ?


La méritocratie : un modèle séduisant… mais qui ne tient pas debout

La méritocratie repose sur un principe simple :
➡️ si vous travaillez dur, vous réussirez.
➡️ si vous échouez, c’est que vous n’avez pas assez fait.

Ce raisonnement ignore pourtant :

  • les différences neurologiques et cognitives,
  • la charge mentale,
  • la santé psychique,
  • les inégalités de départ,
  • l’hypersensibilité,
  • les rythmes personnels,
  • les cycles naturels de concentration.

Il crée une illusion dangereuse :
👉 le succès est une preuve de valeur personnelle,
👉 l’échec est une faute individuelle.

Dans une société où tout doit être “mérité”, même le repos devient suspect.


Le prix psychologique : anxiété, fatigue et autocritiques silencieuses

Si vous vous sentez :

  • épuisé(e),
  • sous pression,
  • jamais “assez”,
  • coupable de vous reposer,
  • nerveux(se) à l’idée d’échouer,
  • convaincu(e) que vous devez “prouver” votre valeur…

Alors vous avez déjà rencontré la méritocratie intérieure. Cette autre petite voix dans votre tête qui devient un juge et qui se rajoute à la pression extérieure :

“Je dois faire plus/mieux”
“Je dois prouver que je mérite ma place.”
“Je ne dois pas décevoir/être en échec”…

Quand votre valeur dépend de vos résultats alors votre identité devient instable et le moindre échec ou la moindre erreur devient une menace. Pourtant, ce sont nos échecs et nos erreurs qui nous nourrissent, qui nous permettent d’apprendre, de grandir et d’évoluer. Pourquoi vouloir à tout prix se priver de cette chance ? L’échec est une opportunité d’apprentissage qui ne remet jamais en cause notre valeur mais qui permet au contraire de nous améliorer et de ne pas stagner.


La méritocratie dans les familles : un héritage transmis sans le vouloir

Là où elle s’ancre le plus profondément, c’est dans l’enfance avec des phrases que beaucoup ont entendues :

  • “Fais un effort !”
  • “Tu pourrais mieux faire.”
  • “Regarde ta sœur, elle y arrive.”
  • “On n’a rien sans rien.”

Souvent dites avec de bonnes intentions et en principe pour motiver ou pour encourager mais qui malheureusement fait comprendre à l’enfant que :


➡️ “Je dois être performant pour être aimé.”
➡️ “Mon rythme n’a pas d’importance.”
➡️ “Si je n’y arrive pas, c’est que je suis moins bien.”

Ces messages prendront plus tard certaines formes :

  • le perfectionnisme,
  • la peur du jugement et de l’échec,
  • la difficulté à apprendre autrement,
  • la honte de ralentir,
  • la culpabilité de dire “j’ai besoin d’une pause”.

Et oui, on transmet la méritocratie… même en voulant bien faire.


Et si la méritocratie s’effondrait ?

Alors une question vertigineuse apparaît :
👉 Si la méritocratie n’a aucune valeur réelle… sur quoi juge-t-on les gens ?
👉 Comment définir la réussite autrement que par l’effort ?
👉 Que devient un système qui repose sur “mériter” ?

Ce vide fait peur.
Parce que la méritocratie donnait un cadre simple — même s’il est injuste.
Mais c’est aussi une occasion incroyable : celle de remettre du sens, du vivant, du respect de soi… dans l’apprentissage et la réussite.

Pour les adultes aussi : la méritocratie continue de dicter nos vies

Beaucoup d’adultes qui reprennent des études ou se reconvertissent ressentent :

  • la honte de “ne pas y arriver comme avant”,
  • la croyance qu’ils “devraient être capables”,
  • la peur de ne pas mériter leur nouvelle voie.

Ils se jugent à travers les lunettes de leur enfance.
Et pourtant… ils apprennent mieux quand ils respectent leur rythme, leur âge, leur énergie, leur besoin.


Conclusion : Vous n’avez rien à prouver.

La méritocratie a façonné notre vision de la réussite pendant des décennies.
Elle a créé une pression immense.

Mais aujourd’hui, vous pouvez choisir un autre modèle :
✔ respectueux du rythme,
✔ centré sur ce qui fait sens,
✔ adapté aux besoins,
✔ ancré dans la bienveillance,
✔ valable pour les enfants et pour les adultes.

Votre valeur n’a jamais eu besoin d’être méritée.

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