Procrastination : 4 étapes pour s’y mettre.
Vous n’avez pas envie de faire une certaine tâche mais vous n’avez pas le choix. Et vous la repoussez quand même, depuis trois semaines : ce n’est pas forcément un manque de volonté. D’après BJ Fogg, qui a fondé le Behavior Design Lab de Stanford, un comportement ne se produit que si la motivation, la facilité et un déclencheur se rejoignent. Votre motivation varie d’un jour à l’autre. La facilité, vous pouvez la travailler. Le plaisir aussi.
Étape 1 : Faites le minimum
Déconstruiser la montagne ! Ranger un tiroir, lire un paragraphe, écrire un mail. C’est tout. Fixez-vous aussi un objectif du jour atteignable (du type 5 mails à traiter, pas 50). Généralement c’est le premier pas qui coûte le plus cher et une fois en route, le reste avance tout seul.
Étape 2 : Rendez-la agréable
Vous ne pouvez pas supprimer la corvée, mais vous pouvez changer ce qui l’entoure. Une musique en fond, un thé bien chaud, un paquet de bonbons à côté. Vous associez une tâche pénible à un plaisir immédiat.

Ce principe porte un nom, le temptation bundling. Dans une expérience publiée en 2014 par Katherine Milkman et ses collègues, les participants qui n’avaient accès à des livres audio captivants qu’à la salle de sport y sont allés 51 % plus souvent au départ que le groupe témoin. L’effet s’est ensuite estompé : pensez à renouveler le plaisir (nouvelle playlist, nouveau thé). L’étude portait sur le sport. Pour la paperasse, testez chez vous et ajustez.
Étape 3 : Récompensez-vous
Si vous êtes allé au bout de votre objectif du jour, offrez-vous quelque chose : une série, une promenade, un moment à vous. Sur le moment, dites-vous aussi “bien joué”. Fogg défend l’idée que ce sentiment de réussite, plus que la répétition, aide le cerveau à retenir le geste.
Étape 4 : Recommencez demain, sans rattraper
Manquer une occasion isolée ne compromet pas le processus, observent les auteurs de l’étude de référence. Reprenez avec le même minimum, pas avec le double.
Combien de temps ?
Quand des chercheurs de University College London ont mesuré le phénomène, 96 volontaires ont répété un geste chaque jour pendant 12 semaines. Parmi ceux dont les données permettaient le calcul, il a fallu 66 jours (la médiane), soit environ deux mois, pour que le geste devienne automatique. Mais l’écart entre les personnes est énorme : de 18 à 254 jours selon les estimations du modèle.
Concrètement, si vous en êtes à la semaine 3 et que rien ne roule tout seul, vous n’êtes pas en retard. Vous êtes en cours de route..
À garder en tête : Rappelez-vous, un petit pas même minime vaut mieux que pas de pas du tout.
